Une grande partie des personnes qui enseignent aujourd’hui au cégep ont fait leurs études secondaires, collégiales ou universitaires à une époque où Internet occupait une place beaucoup moins importante dans les façons d’apprendre et de s’informer. En 2000, à peine un adulte québécois sur trois l’utilisait. D’après les enquêtes NETendances 2025, aujourd’hui, 97 % des internautes québécois de 18 à 34 ans fréquentent quotidiennement les réseaux sociaux et près des trois quarts les utilisent pour s’informer. Plusieurs se tournent notamment vers des influenceuses et influenceurs : 42 % des internautes de 18 à 34 ans disent consulter régulièrement ceux qui se spécialisent dans l’actualité.
Dans ce contexte, le rapport à l’information a profondément changé dans les classes. L’enjeu n’est souvent plus d’accéder aux informations, mais de faire du tri parmi celles qui viennent à nous, de savoir laquelle choisir, comment l’évaluer de façon critique, comment la mobiliser pour développer sa pensée propre. Il s’agit aussi de reconnaitre ce que l’on ignore, alors que l’exposition répétée à certains contenus et le tri des algorithmes peuvent donner l’impression de déjà tout savoir. Le développement de l’IA générative accentue ce phénomène, en offrant des réponses immédiates, sans garantir que les personnes étudiantes soient en mesure de les comprendre ou d’en évaluer la fiabilité.
Comment accompagner les étudiantes et étudiants à décoder, à s’informer et à réfléchir? Comment enseigner à des personnes déjà sollicitées par un flux continu d’informations? Quelle posture pédagogique prendre face à ces nouvelles réalités?