L’interface humaine dans les services documentaires, une présence fragile à réinventer

Portrait de Chris Hudon

Résumé: 

La dernière décennie, et plus particulièrement les cinq dernières années, a été caractérisée par les innombrables changments technologiques qui ont eu un impact immense sur la qualité des services que nos bibliothèques collégiales dispensent aux élèves. Mais qu’entend-on par le terme « qualité » ? Certes, les nouveaux outils informatiques dont nous, personnel des bibliothèques, disposons ont contribué à améliorer la pertinence des réponses que nous fournissons aux élèves ou de celles que ceux-ci trouvent eux-mêmes. Toutefois, les innovations auxquelles nous devons constamment nous adapter n’ont-elles pas monopolisé nos facultés d’adaptation et d’appropriation, et ce, au détriment de notre présence effective auprès des élèves? Ne sommes-nous pas devenus plus préoccupés par la maîtrise des outils que par notre relation avec les usagers? À chaque année, de nouveaux outils apparaissent sur le marché, sans oublier les nouvelles versions pour les outils déjà en place. De tels changements nous incitent à réapprendre constamment notre métier. Aujourd’hui, le rythme des changements nous interdit toute espèce de pause technologique pourtant si nécessaire à notre formation, et nos établissements ont à peine les ressources nécessaires pour participer à cette course. Cette effervescence est certes stimulante mais elle n’est pas sans nous faire oublier l’essentiel. Si nous avons adhéré à des services qui permettent la consultation de nos catalogues en ligne, à distance, nous avons aussi adhéré à des fournisseurs de service qui détiennent le monopole de l’information et qui en fixent le prix et les conditions sans trop discuter. Internet s’est affirmé comme l’outil de référence incontournable mais il n’est toujours pas en mesure de fournir des moteurs de recherche précis et fiables. Nous avons tous dû sauter à pieds joints dans ce monde technophile sans vraiment nous méfier de la perte de contrôle qui en découle sur le fonctionnement de nos outils de recherche. Nous passons énormément de temps à apprendre et à expliquer des fonctionnements et des consignes d’opération (« clique ici, clique là »), plutôt qu’à montrer comment chercher. Serions-nous devenus des guides touristiques des produits Microsoft, des professionnels du mode d’emploi? Bref, le temps passé à nous actualiser est perdu au détriment de notre relation avec les élèves et de l’accompagnement dans la recherche d’information. Est-il besoin de préciser que ce temps ne doit pas non plus être consacré à la nostalgie? Au contraire, il est urgent de se réapproprier cette présence rassurante pour le chercheur, ce rôle d’accompagnateur et de guide qui a fait des spécialistes en documentation ce qu’ils sont, c’est-à-dire des personnes indispensables et sur qui l’on peut compter.

Les bibliothèques des cégeps québécois au tournant des années 2000 : une situation alarmante

Portrait de Chris Hudon

Résumé: 

Au Québec, le renouveau du système d’éducation a amené la mise en place, à la fin des années soixante, d’un réseau public de collèges ayant pour objectifs d’associer davantage l’étudiant à son propre apprentissage et d’intégrer de nouveaux moyens pédagogiques. Les bibliothèques de collège qui étaient vues comme un outil privilégié de formation devaient concourir à l’atteinte de ces objectifs. Notre observation des bibliothèques de collège couvre celles-ci depuis le début des collèges (1969). Cette étude longitudinale a donné lieu à trois articles. On a constaté plusieurs périodes dans cette évolution : d’abord, la période de 1968 à 1976 qui est marquée par le dynamisme et par l’investissement tant en ressources humaines que matérielles; ensuite, la période de 1976 à 1983, caractérisée par une diminution notable du personnel, par la stagnation des collections et par une baisse marquée des budgets; puis, la période de 1983 à 1992, où on voit un redressement relatif des collections contrebalancé par des compressions réalisées dans la portion affectée au personnel, surtout professionnel. Dans la dernière étude, qui couvre les années 1992 à 1999, nous voulions dresser un tableau des bibliothèques de cégeps concernant les mêmes indicateurs de base : les collections (monographies, périodiques, logiciels, documents audiovisuels), les services offerts (fréquentation, prêts, places assises), le personnel (bibliothécaires, techniciens et personnel de soutien), les utilisateurs et les données financières (budget de la bibliothèque, rémunération, budget du collège, budget d’acquisition de la documentation). Les données de 1999 ont été mises en contexte avec celles des études antérieures (1976, 1983 et 1992). Par ailleurs, il faut noter que tous les cégeps ont participé à cette étude.

L'enseignement de l'éthique au collégial : vérité et convictions en éducation morale

Portrait de Chris Hudon

Résumé: 

Dans un premier texte, nous nous étions engagé dans une discussion sur les buts de l’éducation et sur l’anthropologie philosophique sous-jacente à toute entreprise d’éducation. Nous tentions d’alimenter une réflexion sur l’enseignement de l’éthique au collégial en dégageant une hiérarchie des finalités de cet enseignement et en mettant en relief certaines données convergentes quant à la conception de l’être humain nécessairement impliquée par le travail d’éducation : éduquer, c’est d’abord et toujours aider à former un être humain, c’est-à-dire un être capable d’apprendre par lui-même, avec les autres et parmi les autres, en vue d’être libre et pleinement humain. Nous voudrions poursuivre ici cette étude en philosophie de l’éducation de tradition française et aborder cette fois un sujet bien délicat qui découle du débat sur la conception de l’être humain. Il s’agit du thème de la vérité et des convictions et de leur place dans l’enseignement de l’éthique. La problématique peut se résumer ainsi : lorsque des conceptions différentes de l’être humain commandent des morales différentes et lorsque l’enseignant porte en lui des convictions profondément enracinées, comment alors enseigner l’éthique à ces jeunes adultes qui nous sont confiés? Autrement dit, si nous n’arrivons pas à nous rallier à quelques données convergentes au sujet de l’idéal humain qu’il convient de rechercher, et si pourtant personne n’échappe à la nécessité de se commettre par rapport à ce qui guide effectivement sa conduite, comment ceux qui enseignent l’éthique au collégial peuvent-ils proposer des pistes signifiantes pour ces jeunes avec qui ils travaillent? Pour alimenter cette réflexion, nous partirons du malaise actuel quant à toute prétention à la vérité; ensuite, en puisant chez certains auteurs qui se sont penchés sur la philosophie de l’éducation, nous montrerons combien cette notion semble pourtant nécessaire pour fonder quelque connaissance que ce soit ; nous verrons aussi combien, au-delà des conventions ou de la recherche du dénominateur commun le moins exigeant, les convictions de l’enseignant, à certaines conditions, peuvent nourrir adéquatement la réflexion et l’autoconstruction de ceux et de celles qui lui sont confiés. En somme, nous soutiendrons le point de vue de Socrate dans le Phédon : il importe de chercher la vérité, de se déclarer, de discuter, d’argumenter, de susciter et d’examiner des objections; de s’engager totalement, quoi... Enfin, nous soumettrons une liste de questions découlant de ces propositions et sur lesquelles nous serions désireux d’échanger avec ceux et celles qui s’intéressent à l’enseignement de l’éthique au collégial.

Le sens de la réussite à l'ère de la mondialisation

Portrait de Chris Hudon

Résumé: 

Dans cet article qui se veut une réflexion sur l’évolution de la vision de l’éducation au Québec ces dernières années, nous soulignerons comment le nouveau discours, dans un contexte de mondialisation, concourt à la « marchandisation » de l’éducation. De manière plus précise, nous chercherons à montrer que deux phénomènes ont contribué à transformer notre rapport au savoir et à dénaturer le concept d’éducation en formation de la « ressource humaine » : la redéfinition du concept de la réussite et l’approche par compétences.

L'enseignement par les jeux d'esprit... Vivement la philosophie !

Portrait de Chris Hudon

Résumé: 

Les cours de philosophie doivent être dynamiques, entraînants, enlevants, envoûtants, en un mot : étonnants. Toute la pertinence des cours de philosophie au cégep réside dans la capacité des professeurs à éveiller les esprits endormis et à propulser plus loin les élèves déjà allumés par la flamme de la réflexion. En ce domaine, il n’y a pas de matière sacrée à transmettre. Seulement une ouverture d’esprit à créer envers la pensée et le monde des idées, pour paraphraser Platon. Afin de réaliser ce prodige d’intéresser des jeunes de 16 à 19 ans à la réflexion, en ces temps difficiles pour la lenteur des pensées profondes, mieux vaut s’armer de compréhension et d’outils pédagogiques adéquats.

L'apport du Forum international Science et Société

Portrait de Chris Hudon

Résumé: 

Les 2, 3 et 4 novembre 2001, au Cégep de Limoilou, Campus de Charlesbourg, le Ministère de la Recherche, de la Science et de la Technologie du Québec, le Centre National de la Recherche Scientifique de France et leurs partenaires invitaient les étudiants et les étudiantes de 18 à 25 ans à participer à la deuxième édition du Forum international Science et Société. Ce forum, axé sur la participation et favorisant les débats dans le cadre de 8 ateliers thématiques animés par des chercheurs français et québécois, portait sur des sujets aussi diversifiés qu’inusités. Le Forum international Science et Société a été une occasion unique pour les jeunes de rencontrer des chercheurs de renommée internationale et de jeter un regard critique différent sur des domaines touchant leur vie quotidienne. Micheline SAMSON, professeure de mathématique au Cégep de Limoilou, nous présente un compte rendu de l’événement.

Apprendre, pour quoi faire ?

Portrait de Chris Hudon

Résumé: 

Apprendre, au sens noble et profond du terme, implique davantage que la simple connaissance. On n’apprend pas à nager dans les livres, c’est évident. On n’apprend pas le piano, non plus, en écoutant un virtuose. C’est la grande illusion de bien des professeurs : ils pensent apprendre quelque chose à leurs élèves en leur transmettant des connaissances dans des programmes souvent lourdement chargés. « Les cours magistraux sont temps perdu, disait déjà Alain. Les notes prises ne servent jamais. » J’ai connu un professeur d’université, en fin de carrière, qui s’interrogeait sur la différence entre un étudiant qui réussit et un autre qui échoue. « Celui qui échoue, disait-il, oublie avant l’examen et celui qui réussit oublie après l’examen. Il n’y a peut-être que quelques jours de différence! » Triste constat du peu d’efficacité de nos méthodes pédagogiques.

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