Évaluer pour transformer

Numéro: 

1

Volume: 

18
Lebel, Christine
Bélair, Louise M.

Au cours des deux dernières décennies, les divers changements sociaux suscités par l’immigration, la mondialisation, l’évolution de la famille, la montée fulgurante des TIC ainsi que par la croissance et la massification de l’éducation ont eu un impact considérable sur les systèmes éducatifs (Bourdoncle, 1991, 1993 ; Paquay et al., 2001). Ainsi, maintes restructurations des systèmes scolaires, lesquelles ont pris le virage des compétences, s’observent à l’échelle internationale. Au Québec, la réforme mise en oeuvre par le ministère de l’Éducation s’inscrit dans ce mouvement en accordant désormais une place prépondérante à la réorientation pédagogique axée sur le développement de compétences des élèves (Gouvernement du Québec, 2001, 2002). Cette tendance lourde (Lessard, 2000), liée également aux conditions d’exercice qui prévalent de manière croissante depuis la démocratisation de l’enseignement, appelle des pratiques différentes de la part des actrices et des acteurs du milieu éducatif, et ce, même aux ordres d’enseignement postsecondaires. De fait, le projet de démocratisation de l’enseignement et particulièrement l’accroissement des cohortes hétérogènes qui s’en est suivi ont graduellement mis en exergue l’importance pour le personnel enseignant d’adopter des pratiques pédagogiques aptes à mieux rejoindre les nouvelles cohortes d’élèves. À cet égard, divers auteurs (Develay, 1996 ; Espinosa, 2003 ; Rey, 1999) ont montré qu’au sein de cette clientèle, plusieurs élèves arrivent désormais à l’école sans nécessairement maîtriser les codes et les normes implicites de la culture et de la réussite scolaires, une situation pouvant, dans bon nombre de cas, nuire à leur cheminement académique. Observée dans l’enseignement obligatoire depuis une vingtaine d’années, cette transformation des clientèles étudiantes touche désormais tous les ordres d’enseignement, dont le collégial qui a, lui aussi, à composer avec des contraintes comme, notamment, l’augmentation des effectifs par classe, l’hétérogénéité croissante des groupes, les coupures budgétaires et l’insuffisance des services (Langevin et Bureau, 2000). Compte tenu que cette conjoncture a considérablement modifié les conditions pédagogiques, le paradigme de l’enseignement semble se transformer en paradigme axé sur l’apprentissage où la différenciation pédagogique peut constituer une alternative. Dans la lignée des auteurs intéressés par la différenciation, dont Meirieu et Perrenoud entre autres, on peut sommairement proposer que celle-ci consiste à placer les élèves le plus souvent possible dans des situations-problèmes ; celles-ci assez mobilisatrices pour qu’ils relèvent le défi et complexes pour qu’ils dépassent le simple réinvestissement de ce qu’ils savent déjà. De telles situations d’apprentissage s’allient aisément à l’approche par compétences, puisqu’elles impliquent une confrontation des élèves avec des obstacles proprement épistémologiques, à des savoir ou à des compétences qu’il faut construire afin de permettre la progression et la réalisation d’un projet ou la résolution d’un problème.

L’AQPC reconnait, en 2014-2015, la contribution financière de Patrimoine canadien au développement technologique de la revue, par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, volet Innovation commerciale pour les périodiques imprimés.

Logo Gouvernement du Canada 

Panier

Votre panier est vide.